Prix et repères
Chéneau, noue, dauphin : le vocabulaire de l’évacuation d’un toit
Une tache au plafond ne dit presque jamais par où l’eau est entrée. Elle dit où elle est tombée. Entre les deux, il y a un parcours, et ce parcours a sept points de passage qui portent chacun un nom. Les connaître change la conversation avec un professionnel, et souvent le devis.

4,7 sur 5 16 avis
- Attestation de décennale remise avant l’ouverture du chantier
- Devis écrit et ventilé par poste
- Relevé sur le toit avant tout chiffrage
Pourquoi le vocabulaire compte plus qu’il n’y paraît
Un devis se lit poste par poste. Si les postes portent des noms que vous ne reconnaissez pas, vous comparez des totaux, ce qui est exactement ce qu’il ne faut pas faire.
Deuxième raison, plus concrète : la description que vous donnez au premier contact oriente le relevé. « Ça fuit au plafond de la chambre » lance une recherche large. « L’eau apparaît après une forte pluie, au niveau du mur mitoyen, et la gouttière déborde du même côté » désigne déjà une zone.
Troisième raison, la plus coûteuse à ignorer. Un ouvrage d’évacuation à moitié encombré évacue sans difficulté une pluie ordinaire. Il déborde dès que le débit monte, et il déborde en amont du bouchon, jamais dessus. C’est ce décalage qui fait remplacer des gouttières entières alors que le problème était une naissance obstruée ou un regard envasé trois mètres plus bas.
Ce point vaut particulièrement ici. Météo-France définit un épisode méditerranéen comme un épisode de très fortes précipitations sur une durée courte, d’une heure à vingt-quatre heures en général, touchant les départements méditerranéens, le plus souvent à l’automne. Un réseau à demi encombré passe l’année entière et lâche ce jour-là.
Les sept points de passage, du haut vers le bas
L’eau descend dans un ordre. Le diagnostic remonte dans l’ordre inverse.
Voici le parcours, dans l’ordre où l’eau l’emprunte.
- Le faîtage. La ligne haute, à la rencontre des deux versants. Il est scellé au mortier ou posé à sec. Un scellement ouvert laisse entrer l’eau par le point le plus haut, et la trace apparaît alors n’importe où en dessous.
- La noue. L’angle rentrant formé par deux versants qui se rejoignent. C’est le point le plus sollicité d’une toiture : tout le débit de deux pans y converge. C’est aussi là que s’accumulent les fragments de mousse et les feuilles.
- Le chéneau. Le canal encaissé qui recueille l’eau en bas de rampant, intégré à la maçonnerie ou posé derrière une corniche. À ne pas confondre avec la gouttière, qui est pendue en dehors du mur.
- La naissance. Le point de passage entre le canal horizontal et le tuyau vertical. C’est un rétrécissement, donc un point de blocage privilégié.
- La descente. Le tuyau vertical qui conduit l’eau au sol le long de la façade.
- Le dauphin. La partie basse de la descente, en fonte ou en pierre, qui protège le tuyau des chocs au niveau du trottoir.
- Le regard. L’ouvrage enterré qui reçoit l’eau au pied du dauphin avant de l’envoyer au réseau. Invisible, rarement ouvert, souvent envasé.
Ajoutons deux ouvrages qui ne sont pas sur le parcours de l’eau mais qui l’interrompent : le solin, la bande d’étanchéité au raccord entre la couverture et un mur ou une souche, et la génoise, le débord en rangs de tuiles caractéristique du bâti ancien de la région.
Chéneau ou gouttière : la confusion la plus fréquente
Elle a des conséquences directes sur le devis, d’où l’intérêt de la lever.
La gouttière est pendue à l’extérieur, en bas de rampant, sur des crochets. Elle se dépose et se remplace sans toucher à la maçonnerie.
Le chéneau est encaissé, intégré dans l’ouvrage, souvent derrière une corniche ou entre deux murs. Sa reprise touche à la maçonnerie et suppose parfois la dépose de rangs de tuiles. Le chantier n’a pas la même ampleur.
Le prix suit cette différence. Une gouttière posée se chiffre de 15 à 105 € par mètre linéaire selon le matériau, et les deux sources relevées se contredisent d’un facteur deux. La première, en montants toutes taxes posé : PVC 15 à 30 €, acier 25 à 45 €, aluminium 30 à 55 €, zinc 35 à 60 €, cuivre 70 à 120 €. La seconde, hors taxes pose comprise : PVC 36 à 70 €, zinc et chéneau en zinc 42 à 85 €, aluminium 75 à 100 €, acier 75 à 105 €, cuivre 120 à 245 €. Le désaccord porte surtout sur le PVC et l’aluminium.
Pour la descente, la première source ne chiffre que la fourniture : descente en zinc 10 à 20 € par mètre linéaire, en aluminium 7 à 15 €, main-d’œuvre non comprise. Une troisième source, qui traite la zinguerie comme un poste à part d’un chantier de couverture, retient 10 à 30 € par mètre linéaire. Chantier chiffré après visite.
| Matériau | Source TTC, posé | Source HT, pose comprise |
|---|---|---|
| PVC | 15 à 30 € | 36 à 70 € |
| Acier | 25 à 45 € | 75 à 105 € |
| Aluminium | 30 à 55 € | 75 à 100 € |
| Zinc | 35 à 60 € | 42 à 85 € |
| Cuivre | 70 à 120 € | 120 à 245 € |
Un vocabulaire qui a valeur de règle dans le centre ancien
Dans le secteur sauvegardé de Montpellier, ces mots ne sont pas de la terminologie de métier : ils figurent dans le règlement, avec des prescriptions attachées.
Le plan de sauvegarde et de mise en valeur impose que l’évacuation des eaux pluviales soit assurée par des gouttières ou des chéneaux, que les descentes et gouttières soient en zinc ou en cuivre non peints, et que les dauphins soient en fonte ou en pierre. Les gouttières, chéneaux, descentes apparentes et dauphins en polychlorure de vinyle ou analogues y sont interdits. La prescription est reprise deux fois dans le règlement, au chapitre des façades et au chapitre des couvertures.
Le tracé lui-même est encadré : le parcours des descentes suit les limites du bâtiment ou, en cas d’impossibilité, le tracé le plus direct, et les coudes dans le plan de la façade sont interdits sauf pour contourner un décor.
Quant aux solins, le même règlement les veut au mortier ou en zinc, l’emploi apparent de feuilles bituminées étant interdit.
Ces règles valent pour le secteur sauvegardé de Montpellier, et pour lui seul. Ailleurs dans le secteur, c’est le PLUi Climat de la métropole, approuvé le 16 juillet 2025, ou le plan local d’urbanisme de votre commune qui décide. Concrètement, un devis qui propose du PVC apparent dans le centre ancien propose une solution non conforme, et ce n’est pas un détail de style.
Reconnaître la panne au bon endroit
Voici comment relier ce que vous voyez à l’ouvrage en cause. Ce n’est pas un diagnostic, c’est une grille de lecture qui rendra votre description plus utile.
La gouttière déborde par-dessus bord, du même côté à chaque forte pluie. Cherchez en aval : naissance rétrécie, coude encombré, descente partiellement bouchée. Le débordement se produit en amont du bouchon.
Une trace verticale sombre marque la façade sous une descente. Le tuyau fuit à un raccord, ou le dauphin est fendu. La façade se salit avant que la maison prenne l’eau.
De l’eau stagne au pied du mur après la pluie. Le regard est envasé et ne prend plus le débit. C’est l’ouvrage le plus oublié du parcours.
La trace au plafond apparaît près d’un mur mitoyen ou d’une souche. Le solin est le premier suspect, avant la tuile.
La trace apparaît au milieu d’une pièce, loin de tout mur. Regardez plus haut : faîtage descellé, ou noue chargée. L’eau chemine le long d’un chevron avant de tomber, et l’endroit qu’elle marque n’est presque jamais celui par lequel elle est passée.
Pour l’entretien et la reprise de ces ouvrages, voyez la zinguerie et les gouttières à Montpellier. Si le point d’entrée est sur la couverture elle-même, c’est la réparation de toiture qui répond.
Ce qu’il faut retenir
Sept mots suffisent à décrire le parcours de l’eau sur un toit : faîtage, noue, chéneau, naissance, descente, dauphin, regard. Deux principes vont avec. La fuite est presque toujours en amont de la trace, et un débordement se produit en amont du bouchon. Avec ce vocabulaire, votre première description oriente déjà le relevé, et le devis qui en sort se lit ligne à ligne.
La page qui va plus loin : Prix d’une zinguerie et gouttières à Montpellier
Questions fréquentes
Quelle différence entre un chéneau et une gouttière, concrètement ?
La gouttière est pendue à l’extérieur sur des crochets, en bas de rampant : elle se remplace sans toucher à la maçonnerie. Le chéneau est encaissé dans l’ouvrage, souvent derrière une corniche ou entre deux murs, et sa reprise touche à la maçonnerie, parfois avec dépose de rangs de tuiles. La conséquence est budgétaire : l’une des sources relevées chiffre le chéneau en zinc au même niveau que la gouttière en zinc, 42 à 85 € par mètre linéaire hors taxes, mais le chantier autour n’a pas la même ampleur.
Le nettoyage des gouttières est-il à la charge du locataire ?
Oui pour le dégorgement. Le dégorgement des conduits d’évacuation des eaux pluviales, gouttières, chéneaux et descentes, figure à la liste réglementaire des réparations locatives, sur les parties extérieures dont le locataire a l’usage exclusif. En revanche, la rénovation de la couverture elle-même n’est pas une réparation locative et reste à la charge du propriétaire. En copropriété, la toiture est partie commune sauf stipulation contraire du règlement, qui se lit avant d’engager quoi que ce soit.
Peut-on remplacer une descente en PVC par du zinc partout ?
Techniquement oui, réglementairement non partout, et l’inverse est vrai aussi. Dans le secteur sauvegardé de Montpellier, le PVC apparent est interdit en gouttière, chéneau, descente et dauphin : le zinc ou le cuivre non peints sont imposés, les dauphins en fonte ou en pierre. Hors de ce périmètre, le choix est plus large, mais tout changement d’aspect extérieur reste soumis à déclaration préalable, instruite en un mois, deux mois en secteur protégé.
Les prestations concernées
- Zinguerie et gouttières : Montpellier et sa couronneUne gouttière qui déborde n’est pas toujours une gouttière à changer. Le relevé cherche le point de rupture avant de proposer un mètre linéaire.
- Faire chiffrer réparation de toiture à MontpellierOn ne répare pas ce qu’on n’a pas identifié. Le relevé précède le chiffrage, sans exception.
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